Date: Tue 24 Aug 2010
Le film “ Kafka au Congo” est également présenté au festival de Lussas : village documentaire.
Read more
posted on sunday | 25 apr | 2010
"C pour Congo… et pour corruption" un article par André Lavoie, Le Devoir, 19 Avril 2010
Magistrature sous influence(s), fonctionnaires corrompus et sous-payés, politiciens pour qui le clientélisme est devenu une seconde nature, le tableau est désolant. Les plus cyniques diront qu’il s’agit d’un air local et familier, mais pour les réalisateurs Arnaud Zajtman et Marlène Rabaud, Européens francophones établis au Congo depuis plusieurs années, c’est la fatalité quotidienne de millions de Congolais, une situation déplorable qu’ils exposent de manière franche, mais jamais sensationnaliste. Dans le documentaire Kafka au Congo, présenté dans le cadre de Vues d’Afrique, nous suivons les démarches interminables de Gorette Mawazu, une femme dépossédée de sa propriété et qui réclame justice devant les tribunaux, mais sans l’aide d’un avocat parce que sans moyens pour le payer. Pendant ce temps, des politiciens monnayent leurs votes ou leurs privilèges tandis que d’anciens militaires à la retraite cherchent à recevoir leur maigre pension. Ce portrait de la société congolaise donne froid dans le dos.
Joints à Kinshasa, la capitale, malgré une ligne téléphonique capricieuse et avant leur arrivée à Montréal pour la deuxième projection de leur film, Arnaud Zajtman et Marlène Rabaud savent que leur connaissance approfondie du pays, leur notoriété (Arnaud fut longtemps journaliste au secteur français du BBC World Service) et le simple fait de vivre là-bas font tomber bien des barrières. «Les démunis que l’on voit dans le film, souligne Marlène Rabaud, on a pu les approcher parce que personne ne s’intéresse à eux. Nous n’étions pas là pour les juger, nous ne posions aucune question. C’est un point de vue un peu occidental, mais la caméra était toujours de leur côté.»
Distribuer des dollars
Pour Arnaud Zajtman, cette complicité était possible grâce à leur enracinement au sein de la société congolaise. «Nous n’étions pas pressés: c’est un critère indispensable pour un tel film, tourné sur une période de neuf mois.» Par contre, tous seront renversés par leur accès privilégié auprès de politiciens pratiquant leurs magouilles avec un sans-gêne troublant. Arnaud Zajtman l’explique ainsi: «Les journalistes étrangers qui viennent ici ne s’intéressent qu’aux drames les plus criants, les plus spectaculaires. En général, les politiciens sont filmés par des journalistes congolais qui font leur publicité et ne sont pas élus pour mettre fin aux problèmes, mais pour distribuer des billets de banque; le système fonctionne ainsi depuis des décennies. Ceux qui possèdent les immenses richesses du pays les volent et distribuent des miettes à la population et à leurs électeurs potentiels. Certains politiciens nous ont même offert de l’argent et étaient vexés qu’on n’en veuille pas!»
Marlène Rabaud constate que Gorette Mawazu est bien seule dans son combat. «Quand un député se déplace dans son village, tout ce qu’il veut c’est distribuer des dollars. La population ne s’attend pas à autre chose, et surtout pas qu’il aille à Kinshasa se battre pour que la situation change.»
Avec un discours pareil, les deux cinéastes n’ont pas que des amis; un coproducteur s’est désisté après avoir vu le film et des organisations belges au Congo le jugent trop «sensible» pour en favoriser la diffusion. Pour Arnaud Zajtman, ce malaise ne manque pas d’ironie. «C’est plus facile de faire un film pour dénoncer les violences sexuelles dans l’est du Congo par les forces en présence, et même par l’armée, que de faire un film sur la faillite du système…»
Par André Lavoie
Collaborateur du Devoir
KAFKA AU CONGO
Lundi 19 avril à 18 h au Cinéma ONF et mercredi 21 avril à 18 h 15
au Beaubien

| Mbayo Ekota, Bakoyo, RDC 12.08.05 One year ago in the pygmy village of Bakoyo, province d’Equateur, RDC Read more |
|
| Living with Rwanda's Hutu rebels 16.06.05 Night had already fallen when bandits armed with machetes... Read more |
|
| Fighting in Kishasa ...We were in the heart of the small district controlled by Bemba’s soldiers. And in the heart of the action... Read more |